« Le label QUALI&RSE présente pour nous une véritable opportunité de structuration encore plus poussée des activités autour d’une RSE pleinement assumée, qui plus est avec un fort potentiel de communication utile au développement ».

Interview de Erwann BAGOT, directeur de Chantiers-Yvelines, par Ellen ZAOUI-ANESI, responsable qualité à l’UNAI.

Pourrais-tu te présenter ?

Je suis Erwann BAGOT, directeur de Chantiers Yvelines, une association intermédiaire dont le siège se situe à Versailles, dans les Yvelines.

J’ai fait la quasi-totalité de ma carrière dans l’ESS et le milieu associatif, parfois dans des structures adossées à des collectivités territoriales. Avec un fil rouge construit autour des questions d’emploi, d’insertion professionnelle et de formation, et un fort tropisme autour de l’entrepreneuriat. Je suis arrivé en mars 2025.

Peux-tu nous parler de Chantiers-Yvelines ?

Chantiers-Yvelines est une association intermédiaire qui va fêter ses 40 ans l’année prochaine. C’est donc une structure qui a fait ses preuves et dont les fondamentaux sont solides. Elle est composée de 4 agences : Versailles, Vélizy-Villacoublay, Trappes et Rambouillet. Elle emploie 11 permanents et accompagne environ 300 salariés en parcours chaque année, avec un total de 120 000 heures de mise à disposition.

Cette AI s’est développée en son temps du côté de la gare Versailles-Chantiers, d’où son nom. Le bâtiment reste cependant un secteur marginal en son sein. Mais nous avons une histoire !

L’association possède, depuis fin 2025, une ressourcerie (sous forme d’Entreprise d’Insertion), la 1ère ressourcerie de la ville de Versailles dans une logique de diversification et d’enrichissement des activités portées par l’association comme autant de dispositifs visant à répondre aux besoins du territoire. Le marqueur ESS et RSE est donc très fort. Cela reste aussi un outil d’insertion des publics fragilisés sur la question de l’emploi.

Chantiers Yvelines est une AI qui possède la certification ISO 9001*. Pourquoi avoir choisi de se lancer dans un système qui combine la certification ISO 9001 et la labellisation QUALI&RSE ?

La certification ISO 9001 est une longue histoire qui date de bien avant mon arrivée. Nous avons eu un Président « historique » issu du monde économique et industriel, qui tenait à avoir des processus très maîtrisés dans la structure.

La mise en place et le maintien de la certification ISO 9001, via des audits internes et externes qui reviennent chaque année nécessite un suivi conséquent. Dans le cadre de l’audit de surveillance que nous avons eu fin 2025 et des réunions internes qui l’ont précédé, nous avons naturellement apporté de nouvelles améliorations à nos processus dans le sens justement d’une réaffirmation de la politique RSE de l’AI. C’était le cas par exemple du processus achats qui intègre dorénavant des critères RSE pour évaluer les fournisseurs. C’est dans cette optique que nous favorisons le plus souvent possible des achats locaux, de façon à soutenir les entreprises locales, souvent des TPE.

Aujourd’hui, nous avons besoin d’orienter encore plus nettement notre démarche Qualité vers une démarche RSE, d’où l’idée de nous lancer en parallèle avec le label QUALI&RSE. Ce qui n’est pas pleinement mené pour la certification ISO 9001 sera mené pour la certification QUALI&RSE. Nous devons, par exemple, retravailler notre projet associatif et la gouvernance.

Par ailleurs et par équivalence, ce que nous faisons dans le cadre de la norme ISO 9001 permet de cocher de nombreuses cases du référentiel QUALI&RSE. Il nous est apparu évident que nous pouvions prétendre à un certain niveau de certification dans ce cadre.

*ISO 9001 : norme internationale de management de la qualité, applicable à toute organisation.

L’audit combiné de Chantiers Yvelines est prévu pour décembre 2026. Quels en sont les attendus ?

Depuis 2020 et jusqu’à maintenant, nous avons mis en place et maintenu la démarche Qualité avec la certification ISO 9001, dans le cadre d’audits annuels.

C’est la 1ère fois, pour Chantiers-Yvelines, que nous nous lançons dans une démarche combinée ISO 9001 et QUALI&RSE qui plus est dans le cadre d’un audit de renouvellement, audit plus exigeant que les audits de surveillance.

Nos attendus sont les suivants :

  • Pouvoir renouveler bien entendu notre certification ISO 9001 et finaliser des améliorations que nous avons identifiées au niveau des différents processus internes (pilotage, management, GRH, gestion des achats, opérations…) ;
  • Expérimenter la compatibilité des deux référentiels (certification, labellisation) ;
  • Obtenir le label QUALI&RSE de niveau Argent ou Or, avec SGS (organisme de certification) ;
  • Intégrer la Ressourcerie dans les deux référentiels (certification et labellisation) ;
  • Se baser sur cet audit combiné pour optimiser notre démarche d’amélioration continue (effet démultiplicateur) et d’engagement RSE.

De plus, ce sera pour nous l’occasion de rencontrer et d’échanger avec d’autres structures déjà engagées dans la labellisation QUALI&RSE, ce qui est toujours bon pour avancer et innover sur certains plans. Pour la certification ISO 9001, nous ne connaissons pas de SIAE avec qui échanger.

L’UNAI a lancé un label spécifique pour les AI, le label QUALI&RSE. Que penses-tu de cette initiative ?

C’est une très bonne chose !

En effet, les AI mettent déjà en place la démarche RSE sans trop le savoir. Autant aller jusqu’au bout de la démarche. Nous avons par ailleurs des exigences internes/externes à différents niveaux que la tête de réseau connaît parfaitement (financeurs, indicateurs, reporting…). La tête de réseau a la légitimité et la capacité à formaliser « le substrat » QUALITE & RSE des AI dans toute leur diversité. Elle a ce recul.

La certification ISO 9001 est une démarche qui est pour nous plutôt portée en interne par l’AI, alors que le label QUALI&RSE venant d’une tête de réseau nous fait rentrer dans un ensemble plus vaste.

Pour nous, l’étape d’après sera le partage de bonnes pratiques, avec des « feed-back » terrain toujours utiles et une mutualisation qui sera de nature à faciliter le travail et favoriser l’innovation en interne.

Cette étape est bien plus facile lorsqu’elle vient d’un réseau, plutôt que de faire l’effort d’aller rencontrer une autre structure par soi-même. Le réseau impulse mais il est aussi support et ressource.

Je suis donc pour le déploiement de ce label !

Si tu avais un message à faire passer à l’ensemble des AI à propos de la démarche QUALI&RSE, quel serait-il ?

Fondamentalement, il faut y aller, car la RSE est au fondement de notre activité. Nous sommes des structures socialement responsables et engagées, c’est certain. La RSE s’apparente parfois à du marketing avec un habillage qui prend le pas sur le contenu. Ce qui n’est pas notre cas. Nous sommes plus que légitimes sur le sujet et nous pourrions inspirer bien d’autres acteurs économiques. Nous sommes donc tous déjà QUALI&RSE quelque part.

Chez Chantiers-Yvelines, nous avons fait ce choix, qui a débattu en interne. Une fois que la décision est prise, il faut organiser : dégager du temps et des ressources ne serait-ce que pour absorber le formalisme général qui peut être associé à toute démarche Qualité (ses référentiels, ses tableaux, ses indicateurs). Mais l’enjeu compte davantage : montrer ce que l’on fait bien, le démontrer (il faut pouvoir analyser et rendre compte) et le faire valoir !

CE