Interview de Christophe NOUHAUD: Directeur de l’AI Pouce Travail à Saint-Junien

– Pouvez-vous nous présenter rapidement votre AI ?

  • Christophe NOUHAUD : Pouce Travail est située dans la commune de St Junien, ville de la Haute-Vienne, en Nouvelle Aquitaine. Nous travaillons principalement sur le sud-ouest du département, avec environ 130 salariés en parcours d’insertion (35ETP). Six permanents agissent au quotidien pour accompagner ces salariés. Cette année, nous avons créé une structure complémentaire afin de renforcer l’insertion de nos salariés, et mis en place une unité économique et sociale pour disposer d’un cadre commun au niveau des conditions de travail.

– Comment avez-vous entendu parler du label QUALI & RSE ?

  • Christophe NOUHAUD : Nous étions dans une phase de réflexion sur ce champ d’action. Un message spécifique destiné aux AI est arrivé dans nos boîtes aux lettres. Un mail qui a donc attiré notre attention et nous a amené à nous rapprocher de la personne référente au niveau de l’Unai.

– Qu’est-ce qui vous a convaincu de lancer votre AI dans la démarche QUALI & RSE de l’UNAI ?

  • Christophe NOUHAUD : Pour faire rapide : c’était le moment pour nous ! De plus, le référentiel et l’accompagnement proposés étaient en adéquation avec nos attentes.

Si je veux faire plus long : dans le cadre d’une amélioration continue des pratiques, l’association travaillait en début d’année 2024 sur son projet associatif. Sans être informé de la démarche de l’UNAI, j’ai proposé à l’équipe salariée et bénévole de s’inscrire dans une démarche qualité. C’est à ce moment que nous avons été informés du lancement de la démarche QualiRSE. Devions-nous nous inscrire dans cette démarche nationale ? En effet, nous ne voulions pas d’un travail qui aurait consisté en un lourd contrôle de nos process comme on peut le trouver régulièrement dans les labels qualités. Or, il s’est avéré que la démarche proposée par l’Unai, grâce au travail collaboratif mené avec d’autres AI, s’appuyait davantage sur la mise en œuvre de bonnes pratiques que sur l’application de process stricts.

L’accompagnement proposé avec le cabinet Eilan, se voulait adapté aux attentes et besoins des structures et cela a été un élément complémentaire qui nous a convaincu.

– Avez-vous fait une démarche particulière afin d’obtenir des financements pour la mise en place des journées de formation proposées ?

  • Christophe NOUHAUD : Un long parcours, éprouvant, qui aurait pu nous décourager. Dans un 1er temps, les règles au niveau de notre OPCO ne nous permettaient plus de disposer de financements pour le 2nd semestre. J’ai aussi voulu monter une action collective territoriale, mais le temps de trouver des AI sur la région, l’enveloppe budgétaire n’existait déjà plus. Une connaissance des divers dispositifs existants et un échange avec notre conseiller formation nous ont néanmoins permis de déposer un dossier FNE. Pour cela, nous avons cadré la démarche QualiRSE en 3 étapes et nous avons obtenu un financement à hauteur de 70% de nos dépenses.

– Vous avez réalisé votre 1ʳᵉ journée de formation Qualité & RSE avec l’autodiagnostic de votre AI en septembre dernier. Pouvez-vous nous dire ce que vous a apporté cette journée ?

  • Christophe NOUHAUD : Afin de cadrer au mieux les modalités d’évolutions nécessaires, nous devions poser les bases de nos pratiques actuelles, à partir d’un tronc commun aux AI. La 1ʳᵉ journée de formation QualiRSE a alors favorisé l’établissement d’un diagnostic sur les domaines à perfectionner. Nous avons ainsi pu personnaliser la formation avec EILAN Conseil sur 4 jours, dans les champs d’action suivants : la communication, le développement durable et l’accompagnement socio-professionnel.

– Vous avez choisi de lancer votre AI en démarche individuelle, pour la labellisation. Pourquoi ce choix ?

  • Christophe NOUHAUD : Au début de la démarche, nous souhaitions lancer une action collective territoriale. Mon passé professionnel dans l’animation de réseaux m’a toujours confirmé que nous sommes plus forts et que nous allons plus loin à plusieurs. Néanmoins, au regard des difficultés de financements évoqués (et de la nouveauté de cette démarche qui demande réflexion avant de s’y lancer) il n’a pu être possible de mettre en place une action collective en 2024. Et comme à Pouce Travail, nous étions prêts et motivés pour nous investir dans la démarche dès cette année (et d’autres projets étant prévus sur 2025) nous nous sommes inscrits dans une démarche individuelle.

– Vous envisagez de réaliser votre audit de labellisation de niveau 1 pour (le 1er semestre 2025 ?) Quelles sont vos attentes vis-à-vis de ce label ?

  • Christophe NOUHAUD : Au démarrage, nous ne visions pas obligatoirement une labellisation, l’objectif pour nous était surtout de mieux nous organiser et d’améliorer nos pratiques vis-à-vis des salariés en parcours d’insertion et des entreprises.
    Néanmoins, le label de niveau 1 pourra venir confirmer l’évolution mise en place à la suite du premier diagnostic établi cette année. Notre demande de labellisation de niveau supérieur dépendra alors du nombre d’AI intégrées dans la démarche afin que l’impact de cette labellisation soit véritablement porteur.

– Quelle est, selon vous, la valeur ajoutée du label QUALI & RSE pour les AI ?

  • Christophe NOUHAUD : Le champ de l’IAE est aujourd’hui bousculé. Le fonctionnement traditionnel des AI est quant à lui remis en cause plus ou moins fortement selon les territoires. Parmi les évolutions pouvant nous impacter, je pourrais citer la possibilité dès 2025, pour certaines entreprises de services à la personne, d’être dispensées de la condition d’activité exclusive. Cela va probablement entrainer des interactions complexes dans certains territoires. Face aux (r)évolutions sociétales auxquelles le monde de l’IAE et des AI se retrouve, la mise en avant de nos spécificités – acteurs de l’ESS, promoteurs de l’utilité sociale dont l’objectif est l’insertion sociale et professionnelle, – parait de rigueur. Le label QUALI & RSE, s’il est connu, reconnu et porté collectivement, pourrait apporter une reconnaissance qualitative aux AI, et une mise en avant du professionnalisme pratiqué dans ces structures de l’IAE.

– Si vous aviez un message à faire passer à l’ensemble de nos AI, voire à toutes les AI de France, quel serait-il ?

  • Christophe NOUHAUD : Comme évoqué précédemment, il me parait pertinent de dire que les AI doivent évoluer et mettre en avant leur plus-value sociétale. La démarche QualiRSE peut ainsi être un moyen pour améliorer et faire évoluer nos pratiques, et surtout pour mettre en avant nos savoir-faire. Si vous deviez vous inscrire dans cette démarche, je serais tenté de vous dire d’y aller à plusieurs afin d’échanger sur vos pratiques et de partager vos expériences. À POUCE TRAVAIL, nous resterons quant à nous toujours ouverts à l’échange pour partager notre vécu dans cette démarche.

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